Levée de fonds d’1,2 million de la société PeptiMimesis

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Le fond d’amorçage interrégional Cap Innov’Est injecte 1.2 millions d’euros dans la société biopharmaceutique PeptiMimesis, basée à Strasbourg, sur le parc d’innovation.

Une innovation de rupture issue d’un laboratoire de recherche publique alsacien : le laboratoire MN3T

Les thérapies ciblées visant à bloquer les mécanismes spécifiques du développement des cancers s’avèrent des stratégies particulièrement pertinentes en oncologie. La limite de cette approche réside dans la multiplicité des processus tumorigéniques impliqués pour un type de cancer donné. Le laboratoire MN3T (The Microenvironmental Niche in Tumorigenesis and Targeted Therapy – Inserm – membre du Labex Medalis) a conçu une innovation de rupture permettant de développer une classe de composés thérapeutiques entièrement nouvelle par sa structure et son mode d’action. En ciblant le domaine transmembranaire ( partie « intramembranaire » c’est-à-dire la partie permettant de faire le lien entre domaine intra et extracellulaire) de cibles thérapeutiques, il est désormais possible d’inhiber plusieurs processus tumorigéniques grâce à un seul et même composé : contrairement à la plupart des autres thérapies ciblées du cancer, qui bloquent une voie unique, les peptides transmembranaires altèrent la formation de complexes de récepteurs qui sont à l’origine d’un ensemble de voies de signalisation impliquées dans le développement des tumeurs. Pour synthétiser, ces travaux portent sur le blocage, par des molécules spécifiques, du développement des cancers.

Le parcours de cette innovation

En 2005, le Dr. Dominique Bagnard du laboratoire MN3T débute ses recherches sur la conception et la caractérisation de peptides transmembranaires visant à inhiber les divers processus pathologiques induits par une première cible thérapeutique. En 2013, il se tourne vers Conectus Alsace pour financer la maturation de son projet, afin de démontrer le potentiel thérapeutique d’un premier composé anti-tumoral possédant une triple action inhibitrice sur la prolifération, la migration/dissémination des cellules tumorales et sur l’angiogenèse tumorale (processus pathologique, primordial dans la croissance des tumeurs malignes et le développement des métastases).

Le projet bénéficie d’un investissement de plus de 300 000€ par le fonds de maturation de Conectus Alsace, d’un accompagnement sur la propriété intellectuelle – initialement déposée par Inserm Transfert – et d’une prospection industrielle. Les 18 mois de maturation ont permis à l’équipe de recherche de réaliser notamment des études pour la production du peptide en qualité GMP (Good Manufacturing Practice) et de trouver la meilleure combinaison de traitements pour affiner le positionnement sur le marché des thérapies ciblées du cancer.

A l’issue de la phase de maturation, le laboratoire a obtenu une preuve de concept et développé un premier produit grâce à sa plateforme de conception de peptides transmembranaires. Pour poursuivre le développement de ce premier produit et concevoir de nouveaux peptides thérapeutiques « first-in-class » pour de nouvelles indications, l’équipe MN3T souhaitait créer une start-up mais ne disposait pas de porteur de projet pour initier le processus. Conectus Alsace a mis en relation Dominique Bagnard avec la société Domain Therapeutics, basée en Alsace, qui a reconnu dans cette technologie une innovation de rupture, et qui a immédiatement accepté de mettre à disposition son expertise et ses compétences pour accompagner le développement de cette nouvelle start-up. Domain Therapeutics s’est fortement mobilisé sur le projet et a pris en main la création de Peptimimesis, en dédiant un porteur de projet issu de ses équipes, et en poursuivant des discussions avec plusieurs fonds d’investissement. Domain Therapeutics est ainsi devenu, en octobre 2015, co-fondateur de la start-up Peptimimesis aux côtés de trois scientifiques, Dominique Bagnard, Gérard Crémel et Pierre Hubert.

Première levée de fonds pour la société PeptiMimesis

L’entreprise strasbourgeoise vient de finaliser une première levée de fonds auprès du fond d’amorçage Cap Innov’Est pour un montant d’1,2 million d’euros. Il va lui permettre d’exploiter tout le potentiel de la plateforme technologique qu’elle a mise au point, afin d’identifier ces nouvelles générations de peptides thérapeutiques.

« Nous sommes ouverts à la venue d’autres investisseurs pour compléter ce premier tour et accélérer ainsi le développement de cette approche thérapeutique innovante »

rappelle Marjorie Sidhoum, présidente de la société qui emploie actuellement une personne et envisage de recruter un second salarié d’ici à un an. Elle ajoute :

« A deux ans, l’identification des premiers candidats précliniques nécessitera un investissement global de 3 à 4 millions d’euros, incluant des fonds non dilutifs tels que BPI France ou le Crédit Impôt Recherche. A cinq ans, c’est un total de 13 millions d’euros qui permettront d’atteindre deux phases cliniques I/II et le développement des autres programmes en préclinique et en recherche. La mise sur le marché de molécules thérapeutiques nécessitera environ 10 ans, mais elle prévoit les premiers essais de ses peptides chez l’homme à l’horizon 2019. »

Pour en savoir plus : site de conectus 

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