{COVID19} le CeeD propose des solutions aux diabétiques

Photo équipe CeeD

Le CeeD (Centre Européen d’Etude du Diabète) a, comme tous les centres de suivi de pathologies chroniques, fait face à de nombreux enjeux pour leurs patients. En effet, les différentes études chinoises et italiennes ont conforté le risque majeur encouru par les patients diabétiques : une personne sur 10 atteinte du COVID19 présente un diabète de type 2. C’est pourquoi ce facteur de co-morbidité a été étudié de près et des solutions concrètes sont proposées par le CeeD pour agir toujours au mieux pour ces patients.

Quelques données pour bien comprendre le diabète

La pandémie de diabète se poursuit, malgré les efforts de prévention. Alors qu’il ne concernait en 1980 que 108 millions de sujets dans le monde (800 000 en France) le diabète affecte aujourd’hui 463 millions de personnes au niveau mondial (plus de 4,5 millions en France). Toutes les 6 secondes, 1 personne meurt du diabète dans le monde. 1 adulte sur 10 est concerné par le diabète, ou le sera dans un avenir très proche. S’y ajoutent près de 1 million de personnes diabétiques non diagnostiquées (en France), dont près de 18 000 en Alsace.

COVID19 et diabète

Des études chinoises, italiennes et françaises s’accordent à dire que le diabète est un facteur majeur de risque pour les patients contaminés par le COVID19 de développer des formes sévères et mortelles. Nous estimons qu’environ 10% des personnes infectées par cette maladie présentent un diabète. Au-delà de ce chiffre, nous savons désormais que ce sont les diabétiques de type 2, mais probablement pas de type 1, qui payent un très lourd tribut à cette épidémie.

  • Données chinoises : en moyenne, un diabète était retrouvé chez 10 à 20% des sujets hospitalisés, 20 à 25% chez ceux nécessitant une réanimation et 30 à 40% des personnes décédées
  • Données italiennes : un tiers des décès a concerné des diabétiques mais la plupart présentaient d’autres co-morbidités associées, comme habituellement dans le diabète de type 2, maladie hautement inflammatoire
  • Données françaises : l’étude française CORONADO avait pour objectif de déterminer les facteurs associés au risque de décès ou d’intubation trachéale dans les 7 jours suivant l’admission hospitalière chez les personnes vivant avec un diabète. Les facteurs associés au décès chez les diabétiques étaient l’âge, la présence de complications micro- et macro-vasculaires et du Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil (SAOS)

Nous savons par ailleurs, de longue date, que les personnes vivant avec un diabète sont plus à risque de développer des infections (comme la grippe ou le pneumocoque), d’autant plus quand le diabète est déséquilibré. On note surtout qu’ils sont sujets à développer des formes sévères, voire mortelles de toutes ces infections (augmentation des hospitalisations, du taux de mortalité), comme on le voit aujourd’hui avec le COVID19. Cela peut s’expliquer par le fait que l’hyperglycémie réduit les défenses immunitaires, que le diabète expose à des désordres vasculaires essentiellement d’origine inflammatoire et que le SAOS, très fréquemment associé au diabète, est encore aujourd’hui insuffisamment diagnostiqué et traité.

Prévenir la fragilité des patients diabétiques

Les patients diabétiques, plus sujets aux infections dont le COVID19, doivent bien entendu suivre les recommandations de l’agence francophone de diabète (pas d’automédication, suivre le traitement, surveillance plus étroite du taux de glycémie, alimentation et activité physique adaptée) mais des réponses sont à apporter sur du plus long terme et c’est ce sur quoi travaille quotidiennement le CeeD, afin de réduire la fragilité de ces patients.

La recherche : où en sommes nous ?

Les travaux sur le muscle : la protection de la cellule bêta et de l’îlot de Langerhans est le fil conducteur des travaux menés au sein du laboratoire du CeeD. Afin de continuer à protéger les îlots lors de la transplantation mais aussi lors de l’histoire naturelle du diabète de type 2, l’équipe, sous la direction du Dr Karim Bouzakri, directeur du laboratoire, s’est recentrée depuis 2016 sur l’analyse du « cross-talk» (communication croisée) entre le muscle et le pancréas.

Ces travaux ont permis la mise en évidence, chez l’animal, de l’effet bénéfique de produits issus du muscle sur la résistance et la survie des îlots, au cours de la greffe d’îlots, mais aussi à toutes les étapes des diabètes, y compris pour la prévention de ces derniers. Ces nouvelles molécules permettent de prévenir le diabète, de le réverser et surtout de réduire l’inflammation constante chez les diabétiques. Le CeeD est en train de finaliser la création d’une start-up dédiée au développement de nouvelles biothérapies ciblant la prévention et le traitement des diabètes, à partir de produits issus du muscle.

La création d’une plateforme de télémédecine et d’un Centre ESanté et Diabète (CeSD)

Le CeeD s’est associé à Anova, start-up studio spécialisée dans l’intelligence artificielle, en créant en 2018 MOON, une start-up qui développe une plateforme de télésurveillance médicale pour les patients et médecins. L’objectif est de promouvoir la télémédecine pour une meilleure continuité des soins, pas seulement les téléconsultations, mais aussi le télésuivi continu. Elle permet une meilleure prise en charge au long cours des patients diabétiques, comme de tout malade chronique, et vient de montrer son intérêt en crise sanitaire.

MOON sera d’ailleurs utilisée dans le Centre E-Santé et Diabète qui ouvrira prochainement à Strasbourg. Il s’agit du 1 er centre d’e-santé en France, co-créé par le CeeD et LNA Santé. Il va permettre le déploiement de la télémédecine au plus près des diabétiques et de leurs médecins traitants, en même temps qu’il permettra d’optimiser la prévention et la prise en charge en ambulatoire des sujets diabétiques, mais aussi obèses, et à terme de certains sujets atteints d’autres maladies chroniques. Il favorisera l’accès, trop longtemps retardé, aux nouveaux médicaments qui soignent en même temps le diabète et le système cardio-vasculaire.

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