Le marché de la E-santé en France

Crédit photo : Alsace Digitale

Le PIPAME, Pôle Interministériel de Prospective et d’Anticipation des Mutations Economiques, a lancé une étude, via les cabinets de conseil Care Insight et Opusline, sur le marché de la e-santé en France et dans le monde. L’étude s’est déroulée de décembre 2014 à décembre 2015.

Cette dernière s’est focalisée sur une préoccupation majeure : comprendre pourquoi le système français ne tire pas parti de l’e-santé comme d’autres pays tel que l’Angleterre, le Japon ou encore la Corée du Sud.

Quelques chiffres pour comprendre 

L’e-santé en France représentait en 2014 un marché évalué à 2.7 milliards d’euros et pourrait représenter entre 28 000  et 38 000 emplois. 10 000 emplois pourraient venir de la télémédecine dont 10 000 générés par la télésurveillance.

Le marché est aujourd’hui dominé par les systèmes d’information (système d’information hospitaliers, systèmes d’information des professionnels de santé et d’archivage électroniques) qui représentent à eux seuls 2.360 milliards d’euros en 2014, soit 88% du marché.

Les ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) de la santé représentent 70% du CA et 45% du nombre total des sociétés sur ce marché.

Un marché dominé par des petites entreprises 

Les startups en revanche, foisonnent sur les différentes segments de l’e-santé, plus globalement ce sont les petites entreprises qui dominent le marché de l’e-santé.

  • les startups françaises positionnées sur la télémédecine représentent 40% des nouveaux appareils de mesure référencés sur le marché plaçant la France comme étant une pointure dans ce segment,
  • 200 entreprises qui emploient en moyenne 15 personnes commercialisent, développent et assurent le support généralement d’un seul logiciel. 25% seulement des entreprises déclare plusieurs logiciels et affichent des effectifs supérieurs à 57 personnes,
  •  en Île-de-France, 370 PME  interviennent dans le secteur de l’innovation en santé.

L’e-santé française est soutenue par les pouvoirs publics au travers de programmes généraux soutenant l’innovation industrielle tels que les investissements d’avenir en économie numérique et des mesures  plus générales de soutien aux entreprises en développement comme la French Tech ou localement via des pôles de compétitivité.

Au niveau mondial 

Aucun pays ne peut se prévaloir d’une originalité ou d’une spécificité très forte en matière d’e-santé. Chaque pays a des éléments bien particuliers, avantages ou inconvénients, mais ce qui semble déterminant est la capacité du pays à combiner de façon cohérente les leviers qui favorisent au mieux le développement de l’e-santé au bénéfice des patients et des professionnels de santé.

Parmi ces leviers, nous retrouvons : les leviers « stratégie des pouvoirs publics » (levier 1), « organisation et intégration des offres de soins » (levier 2), « modalités de rémunération et de financement » (levier 5) et « financement des projets » (levier 6). Pour les pays qui exportent avec succès, comme la Corée du Sud, c’est une « politique d’encouragement aux exportations » (levier 7) couplée à une politique d’excellence en matière de « recherche et innovation » (levier 9) qui permet le succès. L’exportation de solutions e-santé induit de se positionner en haut de gamme pour réussir.

L’étude classe par état d’avancement les pays :

Pays très avancés :

Royaume-Uni
Espagne
Etats-Unis
Japon
Corée du Sud

Pays avancés :

Canada
Norvège
Dubaï

Pays moyennement avancés :

France
Allemagne

Pays peu avancé :

Brésil

Les constats amenant la France a être peu avancée en matière d’e-santé semblent résulter du déploiement difficile du DMP (Dossier Médical Personnel) et des expérimentations nombreuses en télémédecine mais du déploiement inexistant. Malgré tout, un certain cadre semble se mettre en place permettant d’assouplir les nombreuses règles empêchant la mise en place de nouvelles solutions.

Par ailleurs, la France est menacée de désertification. En effet, la pénurie des professionnels de santé est aujourd’hui relative mais risque d’être accentuée par le départ en retraite d’une grande partie des médecins (42% des médecins sont âgés de 55 ans ou plus, contre 23% en Espagne et 13% au Royaume-Uni).

En résumé, le bénéfice apporté par l’e-santé est un bénéfice reconnu de façon consensuelle mais les rigidités organisationnelles, l’intérêt immédiat de la plupart des professionnels de santé ainsi que l’absence d’accompagnement qui faciliteraient son déploiement, freinent son adoption.

Pour en savoir plus et connaître les recommandations qui font écho à cette étude, n’hésitez pas à consulter le rapport complet.

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