Le design au service de la santé – rencontre avec Tamim Daoudi

CP : Jérémie MORLOT

Allier réel besoin de l’utilisateur aux ambitions d’une entreprise qui commercialise son produit ; telle est la mission, entres autres, de Tamim Daoudi, designer industriel. Cet ‘amoureux de son travail’ nous explique sa vision du métier de designer et pourquoi il souhaite aujourd’hui s’orienter vers le domaine médical.

Nouvel occupant du pH8, en plein coeur de Nextmed – le campus des technologies médicales de Strasbourg- , Tamim Daoudi décore son bureau d’esquisses et plans en tous genres.Après une formation à l’école « Olivier des serres » à Paris puis à l’HEAR de Strasbourg (Haute Ecole des Arts du Rhin), Tamim Daoudi décide de poser ses bagages à Strasbourg, et intègre en 2016 l’incubateur SEMIA durant deux années. Au quotidien, son travail va se faire entouré des équipes d’ingénieurs, de marketeurs mais aussi et surtout … des consommateurs !

Qu’est ce qu’un designer industriel ?

« Un désigner est un généraliste, il va mettre en musique une réflexion globale entouré de l’ensemble des équipes. Il doit réussir à traduire le besoin du consommateur en associant la vision de  l’entreprise. »

nous explique Tamim Daoudi.

Mais alors comment proposer ce service aux entreprises ? En ayant une réflexion centrée sur l’utilisateur, évaluer les contraintes liées à la fabrication, adopter une approche économique du projet et aboutir enfin à un projet avec du sens et qui soit intemporel. Car même si une entreprise a des idées couvrant un réel besoin avec des produits présentant une réelle utilité, si l’utilisation au quotidien est fastidieuse, encombrante et ne se fait pas « intuitivement » il ne sera pas adopté par les usagers.

« Un bon produit n’a pas besoin de notice d’utilisation : il doit être intelligent et intelligible au premier regard. »

rajoute-t-il. De là s’impose alors l’écoute active du marché, un échange constant avec les différentes équipes notamment des ingénieurs qui eux vont faire en sorte que le produit respecte les contraintes de fabrications.  Tamim Daoudi a longtemps travaillé dans le design d’intérieur et industriel et compte parmi ses clients KS-TOOLSEpitoposVelum HanssenAIr &D….

De l’industrie aux technologies médicales 

En 2018, Tamim Daoudi s’oriente vers un nouveau marché : celui de la santé, d’où son positionnement physique au pH8, en plein coeur de Nextmed. Il nous explique pour quelles raisons il s’est orienté dans ce domaine plutôt qu’un autre :

« déjà, il y a l’empathie, la clé de tout le processus du designer. Il faut être à l’écoute des consommateurs mais là on parle de patients, de personnes qui ont une pathologie, pour lesquels le design peut réellement être un plus. Une chambre d’hôpital par exemple, c’est tout sauf rassurant, alors si avec une nouvelle ergonomie ou un nouveau design nous pouvons faire en sorte qu’un patient se sente moins « patient » c’est une victoire. Idem pour le personnel médical, aujourd’hui si mon métier peut rendre un appareil plus fonctionnel, plus ergonomique et rapide, c’est une charge en moins pour ceux qui sont au contact des patients et qui chaque jour réalisent un million de tâches différentes.« 

« Le défi est également de taille : dans le domaine de la santé il y a beaucoup de normes, de contraintes réglementaires et juridiques, mon rôle est de les connaître et de les apprivoiser d’aller au-delà de l’aspect « c’est moche mais ça fonctionne » relever ce type de défi est intéressant pour un designer, c’est un challenge au quotidien »

 » Le dernier intérêt est la dynamique en santé du territoire : il y a un réel marché. Je suis membre du pôle BIOVALLEY FRANCE et donc fait partie intégrante de la stratégie du territoire où il y a de réelles opportunités de business. ». »

Tamim Daoudi a vu son premier projet en santé éclore ces derniers jours avec la commercialisation de RED-One de la société Red Berry, un dispositif de détection de bactéries et micro-organismes.

CP : Julie DUFFET - Hello Jack
CP : Julie DUFFET – Hello Jack

Mais comme il le dit lui même :

« un bon produit, bien dessiné, répondant à un réel enjeu doit toujours s’accompagner de communication. Ce n’est pas parce qu’un produit a tout pour plaire qu’il va percer sur le marché, car si personne ne le connaît, personne ne l’achètera »

Ambassadeur de la création industrielle 

Nouveau président de l’association ACCRO, il apporte aujourd’hui sa vision à cette dernière : mettre en lien les métiers créatifs et les industriels. En lien avec l’association IDeE, Centrale Vapeur,  l’ADIRA, la région Grand Est et l’Eurométropole de Strasbourg, il souhaite mixer les talents créatifs de tous horizons avec les entreprises du territoire pour mettre en lumière  les fonctions artistiques et démontrer la plus-value qui existe dans la coopération entre ces deux mondes.

Récemment il s’est rendu à Boston avec les équipes du développement économique de l’Eurométropole de Strasbourg pour présenter à la ville de Boston le dispositif d’aide Tango&Scan (dont il a été lui-même lauréat à 4 reprises) et envisager une coopération internationale.

Nul doute que la vision et l’énergie de Tamim Daoudi nous permettra de voir un peu plus de créativité dans notre quotidien !

Partagez cette page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *